Une année difficile pour la cueillette des olives d’huile

Written by on 9 mars 2012 in Travailler - No comments

Provoquée par les récentes intempéries et un manque de main d’œuvre, la cueillette des olives d’huile prend du retard dans le Nord-Ouest de la Tunisie.

Vue sur la ferme de Hishem Kanzari, située dans le gouvernorat de Siliana. (Photo CFJ / M.C.)

Les oliviers devraient déjà être nus. Les olives transformées. L’huile vendue. « Nous avons un mois et demi de retard, se désole Hishem Kanzari, propriétaire d’une importante surface agricole. C’est très, très rare. » Normalement, la cueillette des olives de table a lieu en novembre et décembre, et celle des olives d’huile débute à la même période et s’étend sur quatre mois. Fin février, l’arbre rentre en dormance jusqu’à l’apparition de ses premières fleurs début mai, puis de ses premières olives, aux premières heures de juin.

Ce retard ne concerne Hishem Kanzari qu’à hauteur de 8 000 arbres sur une propriété qui en compte 75 000 : « Ce n’est pas un gros problème », tente-t-il de relativiser. « Tant que le fruit est sur l’arbre, c’est bon. Il pourra être vendu. » Par contre, il sait que les oliviers concernés ne produiront aucune olive l’année prochaine : « Nous sommes début mars, il continue à pleuvoir. Or l’arbre doit être sec pour cueillir l’olive. Il n’aura donc pas le temps de se reposer pour créer des fleurs. Qui dit pas de fleurs, dit pas de récolte la saison suivante ! », souffle-t-il.

Provoqué par les conditions climatiques particulièrement difficiles, le retard dans la cueillette des olives ne concerne que le nord-ouest de la Tunisie : neige, pluie, voire inondations à certains endroits. Mais pas seulement. « Nous manquons de main d’œuvre », avoue Hishem Kanzari. Selon lui, les gens sont devenus plus exigeants sur leurs conditions de travail et salaires avec la Révolution : « Il n’y a plus aucune norme concernant le salaire minimum agricole. Les gens ont pris conscience que ce n’était pas rentable pour eux et n’ont plus envie de s’épuiser à ramasser des olives. »

Pour Basma Babba, chef de service à la direction technique de l’Office national de l’huile, « ce problème reste mineur en Tunisie, parce que 80 % de la cueillette a déjà été effectuée à travers tout le pays ». Hishem Kanzari se sait chanceux par rapport à d’autres agriculteurs : « Moi, j’ai d’autres arbres fruitiers, ce qui me permet de relativiser la perte subie. »

Marine COURTADE

 

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