Tarifs réduits pour les consommateurs de produits agricoles

Written by on 10 mars 2012 in Travailler - No comments

La première boutique tunisoise de vente directe a ouvert ses portes, jeudi 8 mars. Deux jours après, les clients sont déjà au rendez-vous, se pressant pour acheter à bas prix. Ambiance.

Les clients attendent nombreux devant la caisse de la première boutique tunisoise de vente directe de produits agricoles, rue Alain Savary. (Photo CFJ / L.D-N D-M)

Une porte grise à moitié ouverte. Grise comme le ciel et la forte pluie qui tombe ce samedi 10 mars. Les Tunisois accourent devant l’entrée du premier magasin de vente directe de produits agricoles dans la capitale, ouvert deux jours auparavant.

Une pièce exigüe fait office de boutique. Tel un petit entrepôt, les palettes d’œufs sont empilées contre un mur, devant un réfrigérateur blanc. Les clients sont curieux avant d’entrer : « Je vais voir si ce sont des prix raisonnables ou non. Tout simplement », s’impatiente Sofiane, blouson de cuir noir, pantalon gris, indécis sur ses achats.

« Si c’est moins cher qu’ailleurs, on achètera », espère Mohamed. Lui est venu pour les pommes de terre : « Elles coûtent de 750 à 900 millimes (0,37 à 0,45 €) le kilo. Cela ne dépassait pas les 480 à 500 millimes (0,24 à 0,25 €) avant la Révolution. » Il repart bredouille. Le stock de pommes de terre a été écoulé la veille.

« Nous sommes étonnés du nombre de visiteurs. Là, on vend (seulement) les produits de base, les œufs, les fromages, les poulets et surtout les huiles », explique Hlel Omar, directeur financier à l’Office des terres domaniales (OTD). Cet organisme exploite 153 000 hectares de terres, répartis sur 27 exploitations agricoles tunisiennes. Les fruits et légumes arriveront les prochains jours, mais les clients se pressent sans discontinuer. Certains attendent à l’intérieur. D’autres sous la pluie battante.

Latifa est conquise : « C’est avantageux pour une famille de cinq personnes. J’ai acheté un plateau d’œufs et un poulet un peu grand. » Tout sourire, elle estime avoir économisé 1,5 dinar (0,75 €). « J’ai pris les horaires et les journées où ils sont ouverts », s’exclame-t-elle, baissant son écharpe beige le long du cou.

« Une étape pour résoudre quelques problèmes »

La baisse des prix est reconnue par les consommateurs. Mais certains sont mitigés, comme Sofiane : « 600 millimes (0,3 €) pour 15 œufs. En magasin ce serait 700. Le poulet est ici à 4,5 dinars (2,25 €) le kilo. Sur le marché, c’est à 5 dinars. » Il précise : « C’est pas fameux. Mais, au moins, c’est un point de vente qui fait pression sur les revendeurs et sur les commerçants pour diminuer un peu les prix. »

Les aliments s’achètent à un prix moindre, explique Hlel Omar : « Pour aider le citoyen à s’octroyer des produits de base alimentaire à un prix qui avoisine le coût de revient, on essaie d’éliminer la marge des intermédiaires qui devient de plus en plus importante. » Pour autant, cette solution n’est pas viable selon lui : « C’est l’après-Révolution. Le gouvernement fait une politique step par step. Tout ce qui est contrôle, police, etc… ça travaille timidement. Ils évitent les confrontations. C’est une étape pour résoudre quelques problèmes. »

Laurent DI-NARDO DI-MAIO

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